J’écris en imaginant plusieurs points de vue selon les clés de compréhension que je devine. Je me fixe deux, trois, parfois quatre auditeurs “témoins” en tête, c’est à dire des personnes que je connais, et je fabrique mes textes de façon à ce que chacun en comprenne quelque chose d’assez précis. L’objectif de cette méthode d’écriture est d’obtenir la combinaison d’éléments suivants :
J’essaye de varier les points de vue, et je parie sur l’intelligence de l’auditeur. Je pars aussi du principe que tout comprendre n’est pas essentiel. Tant pis, le texte transporte son effet au delà des détails.
Je joue du piano, de la guitare et de l’accordéon. Je m’aide de mes instruments pour habiller des versions acoustiques de certaines chansons. Pour d’autres j’imagine directement une version très produite et il n’y a donc aucune version acoustique.
Je produis mes musiques à l’aide d’une Digital Audio Workstation (DAW), dans mon cas il s’agit de Logic Pro ou bien de Cubasis 3. J’ai un home studio qui me permet d’enregistrer ma voix ou des sons variés à l’aide d’un micro, et des contrôleurs MIDI.
Une fois que j’ai la certitude d’une trame musicale ou bien une version acoustique, je commence à enregistrer piste par piste sur ma DAW à l’aide de mes outils, en habillant longuement avec des textures ou des lignes musicales qui me semblent entrer en résonance avec le texte, et l’ambiance que je souhaite en sortir.
On me le demande souvent alors pourquoi ne pas y répondre une bonne fois pour toute : le temps de composition pour une musique peut varier de deux jours à dix ans. Usuellement, une idée mature dans ma tête un bon moment, parce que j’ai le sentiment que ça pourrait être un point d’orgue intéressant à développer, et elle se développe petit à petit, parfois orpheline d’un texte (et parfois il n’y a jamais de texte). Certaines fois, sous l’impulsion d’un petit boost d’émotivité, j’écris une chanson en deux jours, comme un besoin impérieux de sortir quelque chose de neuf.
Une fois tous les éléments en place : je mixe, je mastérise, et PAF, ça donne une chanson finie prête à figurer sur un album. ✅
Mon amour pour la chanson a débuté avec Starmania. J’ai un respect viscéral pour la musique de Berger, et j’adore Balavoine, Gall, Barbara, Sanson, Zazie, Sheller, Le Forestier, Brel, Brassens, Calogero, Armanet, Loizeau.
Ajoutons à ça que j’ai développé un intérêt certain pour Ben Mazué, pour Grand Corps Malade, pour Gael Faye, et j’ajoute dans ce même paragraphe Orelsan et Gringe, j’aime écouter ces musiques pour trouver des idées de rythmiques directement vissées dans le texte avant toute intervention de la musique. Je crois que Nujabes mérite d’être dans ce paragraphe là, bizarrement.
Je suis très marqué par Beethoven dans mes racines profondes, et très sensible à Chopin. J’adore également Brahms, Rachmaninov, Debussy, Satie, Saint-Sæns. Je ne mets pas Bach et je ne comprends pas ceux qui prétendent qu’il faut absolument être amoureux de Bach. Je dois également citer en excellente place Piazzolla et son pendant accordéoniste : Galliano.
Un petit paragraphe pour un peu de jazz : GoGo Penguin, Mammal Hands, Tigran Hamasyan.
La musique de jeux vidéos a évidemment eu une énorme influence. Je dois citer les deux plus grands maîtres que je connais dans le domaine : Koji Kondo et Nobuo Uemastu. J’aimerais glisser David Wise. Enfin, impossible de ne pas citer Lena Raine et Christopher Larkin.